# J’ai les boules

Une grande nouvelle nous parvient de Flandre les amis: Filip Dewinter, un des dirigeants historiques du Vlaams Belang, s’est fait remonter les bretelles publiquement par son parti. La direction du VB n’a pas apprécié la visite que lui et Anke Van dermeersch (sénatrice) ont effectuée auprès des petits camarades de Aube Dorée en Grèce. En voilà une bonne nouvelle? Détrompez-vous, tout ça fait partie d’une opération de normalisation des partis d’extrême droite en Europe. Pour preuve, une mise à l’écart de Filip Dewinter semble constituer une condition suffisante aux yeux de la N-VA pour envisager une coalition avec le Vlaams Belang. Voilà comment on évacue en deux temps trois mouvements le Cordon sanitaire, qui tenait depuis un quart de siècle. Jugé « non démocratique » par la N-VA, le Cordon sanitaire. Ah mais c’est que la démocratie, elle en connaît un bout la N-VA, les amis. Son secrétaire d’État à l’immigration, Theo Francken, refuse d’appliquer une décision de justice (fournir des visas humanitaires à une famille syrienne sous peine d’astreintes)? Eh bien c’est le secrétaire d’État qui rappelle à l’ordre le juge! C’est ce dernier qui ne respecte pas la loi, et d’ailleurs c’est bien connu tous ces juges sont dans leur tour d’ivoire, ils n’ont aucun sens des réalités. C’est les internautes qui le disent, ils sont des milliers à soutenir le Secrétaire d’État sur #IkSteunTheo, c’est donc forcément vrai.

Ça fiche les boules, non? Rassurez-vous les amis, à Bruxelles et en Wallonie, où il n’y a pas d’extrême droite (du moins pas encore), la droite n’a pas l’air de s’opposer au Cordon sanitaire. Bien au contraire, au MR on en demande un pour le PTB, depuis que celui-ci monte dangereusement dans les sondages. Pourquoi demande le journaliste? [1] Mais, parce que le PTB est marxiste enfin! Et un Parti marxiste c’est forcément simpliste et anti-démocratique! Pourquoi, mais parce qu’il est marxiste. Vous avez dit simpliste?

Je ne vous cacherai pas, les amis, à entendre tout ça, que j’ai les boules. Que nous réserve l’année 2017, je vous le demande? On dirait que cette fois-ci, ça y est, le monde est en train de changer pour de vrai. On ne sait pas encore si c’est pour le meilleur ou pour le pire. Tout ce que je peux vous dire, c’est que depuis un an maintenant dans les rues de ma ville, des camions militaires stationnent en permanence et sur ma place, des militaires, mitraillettes en bandoulière, surgissent parmi les badauds et les chineurs, pour nous rappeler –au cas où nous l’aurions oublié- que nous faisons face à une menace terroriste. Pas imminente, non, mais « possible » et « vraisemblable ». Dernièrement j’ai même vu débouler deux militaires armés jusqu’aux dents dans l’enceinte d’un théâtre bruxellois, sous prétexte qu’il fallait protéger un humoriste juif, invité dans le cadre d’un spectacle qui s’intitule oh ironie, « Pour en finir avec la question juive » et reconnaissable à sa kipa (très jolie au demeurant sa kipa, dans les jaunes ocre aux motifs liberty, très « casual »).

Oui, j’ai les boules. Et ce ne sont pas les terroristes de Daesh que je crains le plus. Le danger survient toujours quand et là où on ne l’attendait pas, comme le démontrent les événements politiques spectaculaires qui se sont succédés en cette fin d’année 2016. Armand De Decker suspendu, Hillary Clinton défaite, et Nicolas Sarkozy hors jeu … qui imaginait ça, il y a quelques semaines encore? Hollande, l’homme qui n’aurait pas dû dire (ni faire) ce qu’il a dit (et fait) quitte l’Élysée et Barack Obama, l’homme qui n’a pas fait ce qu’il avait dit qu’il ferait, la Maison Blanche et c’est Donald Trump, l’homme qui ne fera sans doute pas le quart de la moitié de ce qu’il a dit vouloir faire, du moins on l’espère, qui lui succède. Tout ça n’était pas vraiment prévu les amis. Par contre on peut déjà prévoir avec quasi-certitude pour l’année 2017 que François Fillon ou Marine Le Pen, c’est-à-dire la peste ou le choléra, gouvernera la France et on sait que tout ce nouveau beau monde se déclare copain-copain avec Vladimir Poutine qui non content d’avoir réussi à se maintenir au pouvoir depuis bientôt 20 ans, s’évertue maintenant à faire la même chose avec Bachar El-Assad au prix de quelques centaines de milliers d’enfants morts dans les rues d’Alep. Pendant ce temps, en Turquie, l’homme qui est chargé par l’Europe occidentale de retenir sur son territoire tous ces gens qui fuient la guerre, cet homme, de plus en plus ivre de pouvoir, est en bonne voie pour les rejoindre. Après avoir muselé toute critique en limogeant et emprisonnant des gens comme vous et moi, il s’attaque maintenant à la Constitution et prépare un régime dit « présidentiel », une Ve République française aggravée, puisque le poste de Premier ministre serait supprimé. Ne restent que les fans- qui sont nombreux et c’est bien ça qui fiche les boules-, jusque dans certains quartiers de Bruxelles, soutenus par certains édiles dits « socialistes ». Sans parler de la Hongrie, la Pologne, l’ascension de Geert Wilders aux Pays-Bas et ouf! pas l’Autriche.

Bon, ça suffit, on range les boules et en avant pour 2017. #Bonne année, les amis.

[1] Pierre-Yves Jeholet au micro de Bertrand Henne (RTBF) le 8 décembre

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