Pour le meilleur et pour le pire

Février 2016

J’ai oublié de vous souhaiter mes meilleurs vœux pour l’année 2016, ce que je m’empresse de faire les amis avant qu’il ne soit trop tard. On ne sait jamais ce qui peut arriver, avec toutes ces fissures dans le tunnel Louise, sans oublier celles dans les centrales nucléaires de Tihange 2 et Doel 3. D’ailleurs l’Agence fédérale de contrôle nucléaire préconise l’élargissement de la zone de distribution des tablettes d’iode à tout le territoire belge, ce qui n’est pas bon signe. Mais ceci n’a rien à voir avec les fissures nous certifie-t-on, c’est le résultat d’une étude effectuée après la catastrophe de Fukushima qui indiquerait qu’un périmètre de 20 km autour des centrales ne suffit pas. Par contre, 100 km suffisent, apparemment. Pas pour les Allemands pourtant, qui ont décidé de fermer toutes leurs centrales d’ici 2022. Manque de bol pour ceux qui habitent près de la frontière belge. A propos a-t-on pensé à distribuer des tablettes d’iode aux voisins allemands (français, hollandais)? En Belgique on a tendance à croire que les problèmes s’arrêtent à la frontière, même quand ils sont nucléaires. Je me souviens qu’en 1986, le nuage de Tchernobyl avait bifurqué vers la France avant d’atteindre la Belgique, du moins s’il fallait en croire la secrétaire d’État à l’environnement de l’époque, Miet Smet.

Une bonne année donc, bien que la formule pour cette année nouvelle semble être de se souhaiter une année … meilleure. « Bonne » ne suffit plus, il nous la faut « meilleure », car « bonne » c’est ce qu’on se souhaitait pour 2015 et on sait ce que ça a donné. Des fissures, mais aussi des attentats de toutes sortes, à la Kalachnikov, au TATP, au hachoir de boucher, et dernier en date, à l’ attouchement, je veux parler des attentats à la pudeur lors des festivités de Nouvel An dans quelques villes allemandes, dits ‘ »événements de Cologne ». Je vous avouerai que j’ai eu du mal à y croire au début, des centaines de femmes agressées sexuellement, par des milliers d' »étrangers » voire des « réfugiés », l’histoire était trop belle pour tous les pourfendeurs de la politique d’asile d’Angela Merkel. Comment concilier condition des femmes et antiracisme, l’exercice en l’occurrence était particulièrement délicat. Et puis pas une seule image ce qui est quand même bizarre par les temps qui courent, même si je ne suis pas, en général, adepte de la théorie du complot. C’est la mort dans l’âme que je me rends pourtant à l’évidence. Plus de 500 plaintes ont été déposées à ce jour[1], pour vol et pour la moitié pour vol et agression sexuelle. Quelques dizaines de jeunes hommes ont été interpellés, ils sont pour la plupart d’origine Nord-Africaine, Marocains, Algériens, et pour pas mal d’entre eux, demandeurs d’asile. Quelques dizaines de réfugiés sur 1 million c’est peu bien sûr, mais ce qui effraie c’est la méthode. Il semblerait que ces hommes agissent en bande, certains parlent même de mafia, et si l’objectif c’est le vol, le modus operandi est bel et bien l’agression sexuelle. L’année 2016 commence mal, très mal.

Heureusement, il y en a chez nous qui travaillent dur pour faire de cette année une année meilleure. A commencer par Theo Francken (N-VA), notre secrétaire d’Etat à l’immigration, qui prend le taureau par les cornes si j’ose dire, en lançant un cours de « respect des femmes » tout spécialement destiné aux réfugiés. Nos responsables politiques, c’est bien connu, sont de grands féministes, (oui ce mot existe également au masculin, bien que plus rare). De grands féministes, surtout quand il s’agit du droit des femmes qui ne sont pas les leurs, d’ « autres cultures » comme on dit, comprenez, musulmanes et pas écossaises par exemple (c’est vrai quoi, on ne parle jamais des Ecossais).

En 2012 déjà, Geert Bourgeois (N-VA) en sa qualité de ministre de l’ inburgering (intégration) du gouvernement flamand avait sorti un starterskit intitulé « Migrer en Flandre. Coffret d’introduction pour les familles immigrantes ». Il existe toujours ainsi que le site avec ses « témoignages » de nouveaux belges expliquant aux primo-arrivants, qu’en Belgique il pleut souvent, que les Flamands travaillent beaucoup et ne battent pas leur femme. Ce qui reste encore à prouver puisqu’ aujourd’hui encore, en Flandre comme dans toutes les régions de notre blanche Europe, trois femmes meurent chaque semaine des suites de violences domestiques, sans compter celles qui leur survivent. Tout ça pour dire que les « étrangers » n’ont malheureusement pas le monopole du sexisme ni de la haine des femmes et qu’un peu moins de condescendance en la matière serait de mise.

Bart De Wever (N-VA) la veut meilleure aussi, l’année 2016, et pas seulement l’année 2016, Bart De Wever est un homme qui a une longueur d’avance sur nous tous, il pense déjà à l’année 2019. Qu’il voudrait sous le signe d’une Belgique confédérale. Ce que ça veut dire, on ne le sait toujours pas, mais on sait où cela est sensé nous mener: vers l’indépendance de la Flandre. Liesbeth Homans l’a dit, peut-être pas encore en 2019 mais en 2025, la Belgique n’existera plus.

En attendant cette scission de la Belgique, Bart De Wever veut qu’on scinde la ligne de chemin de fer Charleroi-Anvers. « Faut-il une ligne Charleroi-Anvers, quand on veut aller de Gand à Bruxelles? » a-t-il dit. Que voulez-vous, la séparation, c’est sa façon à lui de gérer les « différences culturelles » entre Flamands et francophones. Comme ça, si d’aventure les cheminots wallons devaient partir en grève, le trafic ferroviaire en Flandre n’en serait pas perturbé. C’est sans compter avec Bruxelles, une fois de plus. Eh oui, que feront les cheminots bruxellois? Se contenteront-ils de réceptionner et de relancer les trains venus de Flandre ou les bloqueront-ils à Bruxelles? Je vous avoue que ce dernier scénario me botte assez.

Entre-temps j’ai compris que les Wallons en ont marre d’attendre leur dorsale et le rattachement au réseau de l’aéroport de Charleroi. Eux aussi pensent à une régionalisation. Le patron de l’institut Jules Destrée, Philippe Destatte, l’exprime dans une interview accordée à l’hebdomadaire flamand Knack. En Belgique, le plan B n’est jamais loin. Et pendant ce temps « chez SNCB Europe, (on) estime que les frontières sont avant tout faites pour être franchies » comme le dit la pub. Sûr que les millions de réfugiés qui ont traversé les Balkans à pied et ceux qui attendent dans les camps de Turquie et de Jordanie seront contents d’apprendre ça…

[1] 14 janvier 2016

Auteur : Anne Gielczyk

Ecrit depuis 20 ans des chroniques intitulées "Humeurs judéo-flamandes" dans la revue de l'UPJB, Points Critiques

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